Espèce de spécimen

Le Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux - sciences et nature propose de découvrir le Crocodile de l'Orénoque encore appelé Crocodile de Journu

Crocodile de Journu

Crocodile de l’Orénoque, Crocodilus journei Bory de Saint-Vincent, 1824
Naturalisation XVIIIe siècle

Ce crocodile est l’un des plus anciens spécimens du Muséum. Il fait partie de la donation Journu-Auber (1804) et a servi à décrire l’espèce.

Au XVIIIe siècle, le goût pour les sciences naturelles se développe chez les érudits qui créent de nombreux cabinets privés à travers l’Europe. A Bordeaux, Bonaventure Journu, négociant et richissime armateur, expose dès 1754 ses nombreuses pièces exotiques dans le cabinet de son hôtel particulier.

Le 4 juin 1804, l’un de ses fils, Bernard Journu-Auber, qui a poursuivi la collection l’offre à la Ville de Bordeaux. Il demande que soit nommé un conservateur et que les collections soient disposées « de manière que ses concitoyens puissent facilement en jouir ».

Cependant, dès 1842, le catalogue de la collection est introuvable : seuls deux crocodiles, dont celui-ci, qui servirent à la description de deux nouvelles espèces, peuvent y être attribués avec certitude. Ces spécimens furent longuement convoités par le célèbre G. Cuvier, puis E. Geoffroy Saint-Hilaire pour le Muséum national. Les édiles bordelais refusèrent car cela aurait offensé le donateur.
 

Le Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux - sciences et nature propose de découvrir le Dogue de Bordeaux, race de chien de Nouvelle Aquitaine

Dogue de Bordeaux

Canis familiaris
Naturalisation entre 1899 et 1921

Ce dogue de Bordeaux fait partie de l’originale collection de chiens créée par Joseph Künstler, directeur du Muséum au début du XXe siècle.

Joseph Künstler, directeur du Muséum de Bordeaux de 1898 à 1921, constitue une très inhabituelle collection de chiens naturalisés. Alors que les muséums se consacrent à la collecte du « règne de la nature », ce que l’on appelle aujourd’hui la biodiversité, Künstler étend le projet scientifique de son établissement. Entre autres innovations, il acquiert près de 150 spécimens de races diverses, destinés à l’enseignement technique. Environ 70 chiens sont naturalisés, tandis que les autres pièces correspondent à des montages ostéologiques ou à des crânes. Pour obtenir des spécimens, Künstler sollicite les propriétaires de chiens de race via une lettre circulaire. 

Künstler s’intéresse en particulier à la race du Dogue de Bordeaux, dont il fixe le deuxième standard en 1910. Originaire d’Asie, le Dogue de Bordeaux serait arrivé en Europe durant l’Antiquité. Rattaché au groupe des Molossoïdes (Bouledogues, Boxers…), il présente de très bonnes aptitudes pour la garde des maisons. 

Le Muséum de Bordeaux - sciences et nature présente son oryctérope dans Espèce de spécimen

Oryctérope

Orycteropus afer
Spécimen naturalisé

L’Oryctérope est un mammifère nocturne, originaire d’Afrique sub-saharienne. Il vit principalement dans les savanes et les forêts à sol meuble.

Le jour, il se repose dans un terrier qu’il creuse à l’aide de ses griffes puissantes. Il en sort à la nuit tombée, en quête de fourmis et termites dont il se nourrit. Il détecte ses proies grâce à son ouïe fine et à son odorat aiguisé. Puis pour les capturer, il utilise sa longue langue recouverte de salive gluante.

Malgré ce régime alimentaire strict, l’Oryctérope se nourrit aussi parfois d’une variété de concombre (Cucumis humifructus) qui pousse sous terre. Ce fruit riche en eau constitue une source d’hydratation pour l’Oryctérope, qui de son côté, participe à la dissémination des graines par ses excréments.

Visionnez ici la vidéo d’un bébé Oryctérope, né en 2017 au zoo de Cincinnati.

 

Le Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux - sciences et nature vous propose de découvrir la Météorite Toluca dans Espèce de spécimen

Météorite

Fragment de la météorite Toluca

D’abord considérées comme des objets sacrés, puis comme des fragments terrestres arrachés par la foudre, l’origine extraterrestre des météorites n’a été reconnue qu’au XIXe siècle.

Ce spécimen est un fragment de la météorite Toluca, découverte au Mexique en 1776 par les colons espagnols. Celle-ci serait tombée sur Terre il y a plus de 10 000 ans. Elle aurait été utilisée pendant des siècles par les locaux, qui en ignorait l’origine extraterrestre, pour la manufacture d’objets métalliques.

Composée de fer et de nickel, sa masse totale était estimée à 3 tonnes ! Sur la surface polie, on peut observer des structures géométriques caractéristiques de la cristallisation du fer météoritique, les « figures de Widmanstätten ». 

Retrouvez plus d’informations sur cette météorite dans le “Handbook of iron meteorites” (en anglais)

 

Le Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux - sciences et nature vous propose de découvrir la tératologie avec le Mouton à deux têtes dans Espèce de spécimen

Mouton à deux têtes

Ovis aries
Spécimen naturalisé présentant une malformation congénitale

Ce spécimen est un monosomien atlodyme : un corps unique supportant deux têtes séparées.

Depuis l’Antiquité, l’existence d’animaux et d’humains malformés questionne : elle était considérée comme l’œuvre du Divin. Au Moyen Âge, à l'inverse, ces malformations furent imputées à Satan : les “monstruosités”, accusées de porter malheur, étaient souvent rejetées ou éliminées. Puis au XVIIIe siècle, elles suscitèrent la convoitise des collectionneurs de curiosité. Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que la tératologie devient une véritable discipline scientifique étudiant les anomalies anatomiques liées au développement embryonnaire. Les naturalistes Étienne (1772-1844) et Isidore (1805-1861) Geoffroy Saint-Hilaire établissent une nomenclature qui décrit ces anomalies.

Plus d’informations sur le site du Musée Testut Latarjet

Le Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux - sciences et nature vous propose de découvrir le Diodon Porc-épic boubou dans Espèce de spécimen

Porc-épic boubou

Diodon hystrix
Spécimen naturalisé en attitude de défense

Présent dans les eaux tropicales et subtropicales de tout le globe, le Diodon hystrix présente une particularité surprenante : ses écailles sont modifiées en épines. Ainsi, lorsqu’il est menacé, le Diodon se gonfle d’eau, ce qui provoque le redressement des épines sur sa peau … d’où son surnom de Poisson porc-épic.

En plus de cette protection physique, le Diodon sécrète une neurotoxine paralysante, la tétrodotoxine, qui lui permet d’échapper aux agresseurs les plus téméraires.
Il est actif entre le crépuscule et l’aube, où il chasse crustacés et gastéropodes dont il se nourrit. Le jour, il se repose à l’abri sous une roche ou dans une crevasse.

Retrouvez ici plus d’informations sur cet étonnant poisson.

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Harfang des neiges

Bubo scandiacus
Spécimen naturalisé (2013.2158)

Le Harfang des neiges est un rapace des toundras arctiques. Son nom commun “Chouette harfang” est trompeur. En effet, cet oiseau appartient en réalité au même genre que le Hibou grand-duc.
Le Harfang chasse à l’affût, s’élançant depuis un perchoir puis planant silencieusement jusqu’à sa proie. Il est actif de jour et se nourrit principalement de petits mammifères. Il complète parfois ce menu en capturant d’autres oiseaux, ainsi que des insectes, des crustacés ou encore des poissons.
Les femelles sont plus grandes et leur plumage présente des taches brunâtres, alors que celui des mâles est d’un blanc immaculé. Ce spécimen, entré dans les collections du muséum en 2013, est une femelle.

Retrouvez une vidéo montrant l’Harfang des neiges en chasse ici.

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Dragon volant

Draco volans
Spécimen naturalisé (2007.4777.1)

Ce lézard d’une vingtaine de centimètres est une espèce endémique de l’Asie du Sud-Est, où il fréquente les forêts secondaires et les forêts humides tropicales. Il est actif le jour et possède un mode de vie arboricole, ce qui signifie qu’il vit exclusivement dans les arbres. Le Dragon volant est insectivore et se nourrit principalement de fourmis. Malgré son nom, les voilures qu’il possède ne sont pas de véritables ailes, au sens anatomique du terme. En effet, il s’agit de membranes soutenues par ses côtes, très allongées, qui servent d’armature. Il les déploie pour planer d’arbre en arbre, mais ne peut en aucun cas pratiquer un vol battu, comme le font les oiseaux et les chauves-souris. Au repos, le dragon volant replie ses « ailes » le long de son corps. 

Retrouvez un extrait de reportage présentant le Dragon volant ici.